Dana Dobreva

A Propos

Metteure en scène d’origine bulgare, elle grandit en France et se forme à l'Université de Caroline du Nord aux Etats-Unis. À New York, elle co-crée SKIN avec Eileen Goddard, met en scène La Nuit des Rois de Shakespeare, Odyssey de Kate Marks d’après Homère, Machinal de Sophie Treadwell, ainsi que Bird House et Buried, également de Kate Marks. Dans le cadre d’ateliers dédiés aux nouvelles écritures, elle met en lecture House Of de Jen Silverman et Below de Tess Howsam. Parallèlement, elle intègre la compagnie de clown Everybody Nose avec laquelle elle co-crée plusieurs spectacles. Lors d’un séjour prolongé en Bulgarie, elle met en scène Polaroid Stories de Naomi Iizuka, d'après les Métamorphoses d’Ovide, une adaptation de Songe d’une Nuit d’Été de Shakespeare avec les élèves du Lycée Français de Sofia et participe aux ateliers et créations collectives du Rhodopi International Theatre Laboratory à Smolyan. De retour en France depuis 2014, elle co-crée avec les Potapinok Capuche et Léon, un spectacle de marionnettes, traduit des textes de théâtre et met en scène Le Voyage de Zac de Maxence Amiel avec une classe de CE1 à Ivry-sur-Seine. Elle fonde la Compagnie Pile Pan en 2015.

Ce qui m’intéresse avant tout c’est l’humain et le chaos de ses désirs et ses émotions. Des méandres de l’inconscient – collectif et individuel – à l’expression de notre rapport à l’autre, l’exploration viscérale et psychologique de l’être humain sont au fondement de mon travail. S’interroger sur les forces qui nous animent et créer des espaces fictionnels afin de les mettre en scène devient alors un jeu passionnant qui peut prendre une multitude de formes et donner lieu à des découvertes surprenantes.

Si la structure dramaturgique, le style et l’univers scénique de chacune de mes créations sont très variés et incluent des textes contemporains aussi bien que des performances immersives ou encore des adaptations de thèmes mythologiques, je recherche toujours une vulnérabilité et une grande sincérité dans le jeu des comédiens. Même lorsqu’il s’agit de mondes plus fantastiques que réalistes, je pars du principe que les personnages sont des êtres en déséquilibre qui par leurs actions tendent vers un épanouissement, ou du moins un apaisement, qui s’avère souvent furtif.

L’élaboration d’une poésie de la scène propre à chaque création représente un autre enjeu essentiel de ma démarche artistique. Cela se manifeste soit visuellement par la scénographie, soit grâce à l’incorporation d’éléments de théâtre physique ou encore avec la présence de musiciens sur le plateau. Bien entendu la poésie s’exprime aussi par le texte et le jeu, mais l’incarner de façon plus palpable offre la possibilité d’une expérience beaucoup plus sensorielle.

Se rassembler dans l’obscurité pour se raconter des histoires est l’un des plus beaux et plus anciens rituels de l’humanité. Car dans la pénombre, on peut regarder à l’intérieur de soi ou loin vers l’horizon et en vibrant, se transformer. J’appréhende chaque artiste de théâtre – comédien, metteur en scène et technicien – comme un conteur d’histoires. C’est un travail très intime, très personnel, que nous partageons ensuite avec les spectateurs dans l’espoir qu’il puisse résonner en eux et que chacun ressente, même tacitement, que nous sommes tous faits de la même étoffe.

En quête d’émerveillement, je rejoins la pensée de Joseph Campbell, célèbre mythologue américain, qui affirmait que le mystère de l’univers se trouve au fond de nous mais que pour le découvrir, il faut partir à l’aventure. Que cette aventure signifie montagnes et forêts ou bien une scène à illuminer, j’ai la conviction que c’est en réinventant nos histoires et en les faisant vivre qu’on parvient à les éclairer.

Dana Dobreva