Polaroid Stories

de Naomi Iizuka d’après Ovide

Traduit de l'anglais par Lyubov Kostova

Palais National de la Culture / Melting Clock Station

Sofia, Bulgarie

2008

Avec Veselin Anchev, Antony Argirov, Lydia Indjova, Elen Koleva, Stoyan Mladenov, Andronia Popova, Daniel Rashev, Nadya Stefanova, Stiliyan Stoyanov, Stella Stoyanova
Scénographie Sabina Hristova - Costumes Eva Vento - Lumières Emo Georgiev
Composition Musicale Mihail Yossifov, Andronia Popova, Todor Karastoyanov
Chorégraphie Mila Iskrenova - Vidéo Lyubomir Draganov - Assistanat Martin Vangelov  

S’inspirant librement des Métamorphoses d’Ovide et de témoignages de jeunes vivant dans la rue, Polaroid Stories réinvente le récit mythologique et poétise une réalité difficile et complexe. Ainsi D(ionysos) vend des paradis artificiels en sachet, Eurydice traverse la rivière de l’oubli et se réfugie dans les griffes de la reine des enfers afin d’échapper au harcèlement d’Orphée, Narcisse se prostitue pour des hommes riches et Philomèle cache sa honte et son désespoir au fond d’un caddie de supermarché d’où on peut entendre sa chanson envoûtante.

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En fil rouge à travers toutes ces histoires entrelacées, nous retrouvons la question de la transformation psychique. Autrement dit, comment les obstacles que l’on affronte le long d’une vie nous façonnent-t-ils ? Chez Ovide, la réponse est allégorique et ceux qui ont souffert deviennent des oiseaux, des fleurs ou des rivières. Le texte de Naomi Iizuka conserve certaines de ces images mais ici les transformations sont surtout identitaires et reflètent les euphories, cataclysmes et errances de ces personnages à la poursuite de leurs rêves et leur vérité.

Ce mouvement continu se retrouve également dans l’univers scénique qui semble évoluer et respirer en même temps que les protagonistes. Une immense structure de fer rouillé, évocatrice d’un débarcadère abandonné s’enfonçant dans l’eau, s’ouvre, se referme et tourne sur elle-même pour permettre l’entrée aux enfers ou donner accès aux différents recoins de ce labyrinthe urbain. Certaines des transformations s’accomplissent lors de danses imaginées par la célèbre chorégraphe bulgare Mila Iskrenova. D’autres par des projections vidéo. La musique originale, composée par le groupe Bluba Lu et interprétée live par Andronia Popova, décline un thème mélodique en une multitude de variations qui accompagnent et amplifient l’action.

© Photographies : Clamer Design